Photographe professionnel, où s’informer sur les démarches et les droits ?

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Je ne cesse de recevoir, tous les jours, des questions de confrères photographes (pros ou non) concernant le prix d’une photo, les astuces pour remplir sa déclaration 2035 ou les arguments pour refuser de se mettre sous le régime de l’auto-entrepreneuriat. Je tache toujours d’y répondre dans la limite de mes compétences, convaincu que c’est en partageant notre savoir qu’on arrivera à rationaliser la pratique de ce métier, à éviter que les prix baissent ou que nos statuts et régimes sociaux deviennent une coquille vide.

Connaitre ses droits, ses devoirs et les démarches à effectuer pour un photojournaliste ou un photographe auteur devrait être le préambule indispensable à l’exercice de cette profession. Malheureusement, une grande partie des photographes (en place ou en devenir) pâtit d’une ignorance presque totale quant aux conditions d’exercice du métier. Si il est de la responsabilité des organisations professionnelles, des écoles et des photographes les plus au fait de nos droits de communiquer d’avantage sur la pratique de notre métier, il est tout autant nécessaire que ceux qui sont perdus vis à vis de ces questions fassent l’effort de se documenter, d’apprendre nos règles et pourquoi pas d’adhérer à une organisation. Pour ces photographes c’est l’assurance de paraitre professionnel aux yeux des journaux et des clients et c’est aussi éviter des ennuis fiscaux ou sociaux.

Débat lors de la journée « Des Idées Pour Demain » organisé le 20 mars 2010 à l’Hotel Sauroy par l’association Freelens à l’occasion de son Assemblée Générale.

Je propose donc, ci-dessous, un condensé non exhaustif de ressources sur la pratique du photojournalisme et de la photographie d’auteur en France. Je précise que je mélange les ressources concernant le statut du photojournaliste (rémunéré à la pige par une entreprise de presse) et celles concernant le régime du photographe auteur (vivant de la vente de droits d’auteurs à des entreprises, des ONG, des particuliers). Ce mélange des ressources se justifie parce que la majorité des photojournalistes d’aujourd’hui travaille à la fois comme pigiste et comme photographe auteur.

Les organisations professionnelles

Syndicats ou associations, ces organisations réunissent des photographes ou des journalistes convaincus de la nécessité de défendre leurs métiers et de s’unir pour être plus fort. Si elles peuvent s’appréhender comme un guichet de services utiles (documentations, carte de photographe, soutien juridique), il convient de prendre conscience que ces organisations ont besoin d’activistes pour qu’elles puissent vivre et au mieux nous représenter.

  1. Photojournaliste, vous avez la possibilité d’adhérer à un syndicat de journalistes. Les deux principaux sont le SNJ-CGT et le SNJ. Ils disposent tout deux d’un pôle pigiste et d’interlocuteurs au fait des problématiques que nous rencontrons. Leurs sites web contiennent des informations sur le statut de journaliste et ils sont éditeurs de nombreuses brochures sur nos droits.
  2. Différentes d’un syndicat, les associations de journalistes existent surtout dans l’objectif de créer un réseau professionnel. Elles peuvent toutefois être un lieu d’apprentissage de nos droits et devoirs. A ce titre je recommande chaudement l’association Profession Pigiste qui réunit des photographes et des rédacteurs pigistes.
  3. L’Union des Photographes Professionnels (UPP) est la première association professionnelle pour les photographes qu’ils soient photographe auteur ou photojournaliste (depuis la fusion en 2010 avec Freelens). Représentant plus de 1500 photographes, l’UPP est l’organisation incontournable pour les photographes. L’adhésion offre un accès à de la documentation spécialisée, un soutien juridique en cas de problème ou encore une carte professionnelle de photographe. Le site internet de l’UPP regorge lui d’informations pratiques d’un barème indicatif des tarifs à pratiquer mis à jour chaque année mais payant depuis 2011. De plus, l’UPP organise à La Maison des Photographes des formations, ouvertes à tous, sur nos droits. Je rajoute également le Guide du Photographe de Presse (2007), anciennement édité par Freelens et qui sera prochainement distribué par l’UPP.
  4. La SAIF : Elle est en charge de collecter et reverser les droits d’auteurs.  Tout photographe devrait en être membre. Plus d’infos sur leur site.

Les « institutions »

  1. Centre des Impôts de son domicile. Je déconseille souvent d’aller directement au centre des impôts pour demander des informations quand on se lance. En effet, peu d’agents sont au fait des subtilités de notre métier. Un rendez-vous peut permettre de clarifier certaines choses mais allez-y en étant, au préalable, bien informé sur vos droits.
  2. L’AGESSA, c’est l’organisme qui s’occupe des artistes auteurs (dont les photographes). On a souvent à faire avec eux et leur site est précis en informations concernant la façon de prélever les cotisations sociales ou concernant le statut d’affilié.
  3. Audiens, mutuelle spécialisée dans les métiers de la presse, elle propose une couverture santé complémentaire pour les photojournalistes pigistes. C’est grâce à l’action de l’association PEPS que nous avons cette possibilité d’être correctement couvert. Audiens propose aussi, depuis septembre 2010, une assurance pour les photojournalistes pigistes en reportage à l’étranger.
  4. l’AFDAS : L’organisme de financement des formations pour les photojournalistes pigistes et les photographes auteurs à l’AGESSA.

Les livres

  1. La référence pour les photographes auteurs est le livre d’Eric Delamarre : Profession photographe indépendant. Vendu 24,70 euros, il contient toutes les informations pratiques pour se lancer dans ce métier et l’exercer correctement. Il est mis à jour tout les 2 ou 3 ans. Un classique indispensable. Je conseille de l’acheter lorsque vous débutez et ensuite de préciser certains points grâce aux autres ressources de cet article.
  2. Tout juste sorti, Vendre ses photos de Joëlle Vebrugge est un guide sur les démarches à effectuer lorsqu’on vend une image. Je n’ai pas encore pu consulter l’ouvrage mais je ne doute pas de sa qualité.
  3. Le Guide de la Pige : Un pavé dont la dernière édition date de septembre 2010. Très riche et précis concernant les droits des pigistes, il propose aussi un annuaire professionnel ainsi que des conseils pour mieux travailler. Réservez-lui une place sur votre bureau.

Les sites web

Je ne mentionnerais pas tous les blogs et topics de forums qui évoquent épisodiquement nos droits. Je vous signale juste quelques sites qui font référence et qui contiennent bon nombre d’informations pratiques avec des personnes capables de répondre à vos questions.

  1. Photojournalisme.fr, lancé par l’association Freelens en 2008, ce site se voulait un portail d’information sur le photojournalisme. Je vous invite à consulter le forum qui, bien que peu actif, est un bon vivier d’informations. Update : le site n’existe plus.
  2. Droits et Photographie, le blog de Joëlle Vebruge, citée plus haut, est devenu une référence sur le web depuis 2009. Cette avocate de métier y traite de nombreux aspects de la commercialisation des photos.
  3. Le site d’Eric Delamarre, également cité plus haut, donne des informations et des modèles de notes d’auteurs. Très complet.
  4. Le blog du photographe Cédric Girard. Son billet « Débuter comme auteur photographe » est très didactique et le garçon répond aux commentaires. A lire.
  5. Les rubriques « démarches/pro » de certains forums photos. Elles manquent toutefois de réels professionnels pouvant répondre aux questions, à lire avec précaution : Virus Photo, Chasseurs d’Images ou encore Eos-Numérique.
  6. Le forum de Categorynet, un portail de journalistes.

Les listes de discussion

Très professionnelles, on y rentre en montrant patte blanche et elles ne sont pas ouvertes aux amateurs. Elles sont destinés à échanger sur des questions précises (tarifs notamment) ou sur des problèmes avec tel ou tel journal.

  1. La liste Pige. Elle réunit plus d’un millier de pigiste (rédacteur, photographe, JRI) et contient des archives d’une grande richesse.
  2. La liste EP France. Lancée en février 2010, elle réunit une soixantaine de photojournalistes pigistes francophone. Elle discute spécifiquement des problématique du photojournalisme contrairement à la liste pige. Je vous recommande, si vous êtes photojournaliste professionnel, une inscription sur les deux listes

Pour conclure, je rappelle aussi qu’il y a des ateliers, des conférences ou des rencontres à travers toute la France sur ces questions des droits et des démarches (citons par exemple les apéros pigiste, les stands UPP à Arles ou Visa pour l’Image). Un suivi attentif des liens cités ci-dessus permet d’être tenu au courant. Je ne mentionne pas non plus les différents magazines spécialisés qui évoquent ponctuellement ces questions. Ce que je donne est une porte d’entrée, à vous de faire la démarche de vous informer correctement et de vous déplacer le cas échéant.

N’hésitez pas à me suggérer, en commentaire, d’autres liens et ressources concernant nos droits. Je mettrais cet article à jour.

Mis à jour le 7 avril 2014.

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Commentaires

Joëlle Verbrugge :

Bonjour
Merci pour l'aimable référence à mon blog et à mon livre ;-) (pour ce dernier, j'espère que la lecture vous plaira) ;-)
Excellente soirée à vous
Joëlle Verbrugge

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Wilfrid :

Bien vu Pierre pour ce billet qui saura, j'espère, aiguiller les photographes en manque d'information.

Concernant l'UPP, je souhaite vivement que les choses avancent dans le bon sens et que la continuité des actions "professionnelles" de FreeLens soit effective. Idem pour la carte "Photojournaliste" qui nous est si bénéfique pour l'exercice de notre fonction, je souhaite qu'elle soit reconduite en 2011 sous cette appellation.

Enfin, j'espère que l'UPP sera prendre le bon tournant concernant les nouveaux supports de l'information, en faisant appel à des spécialistes.

Je recommande pour plus de précisions sur le milieu un suivi via les réseaux sociaux (FB et Twitter) des comptes FreeLens, Photojournalisme.fr, Julien Cassagne, Pierre Morel, Joseph Melin, Fabien Colini, Olivier Touron et moi même.

Sinon je précise que l'option SNJ-CGT OU SNJ est très pertinente.

Wilfrid Estève.

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Julien Benard :

Bon topo, merci !

J'ajouterais les formations professionnelles courtes sur ces sujets, comme à l'INA-SUP, l'EMI-CFD etc.

Julien

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Julien Benard :

Sansd oublier les Associations de Gestion Agrée !

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Nicolas Roger :

Merci pour cet article intéressant ! pas évident, au départ d'être rationnel dans le métier...

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Nicolas Seurot :

Bonjour,
Je me permet de laisser ce commentaire pour une demande d'information. Après un long parcours publicitaire, je viens de me lancer dans la photographie automobile en freelance. Ne connaissant pas grand chose à ce milieu j'ai décidé de parcourir internet pour me renseigner sur les méthodes de travail. (Je suis tombé sur votre site en faisant mes recherches !). Après pas mal de recherches, je m'aperçois que pour travailler dans mon domaine, il faut des accréditations, pour avoir des accréditations, il faut une carte presse et une carte presse ne peut se demander que si on travaille.... Donc on faisant des recherches je tombe sur un forum qui parle d'une association qui accompagne les gens comme moi dans leurs démarches et sont capable de fournir le précieux sésame contre un abonnement mensuel ! Le site est : https://www.work-press.org/ ou https://www.workpressagency.org ...au choix... J'ai pour habitude de me renseigner et de "google-iser" les sites pour lesquels je dois donner de l'argent... Et là, il n'existe rien ! aucun avis, aucun historique... rien ! Ma question est donc, en avez-vous déjà entendu parler ? est-ce une arnaque ?
Dans l'attente de votre réponse.
Merci beaucoup
Très cordialement
Nicolas Seurot

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